Déposer un dossier d’urbanisme sans plan des façades et toitures, c’est un peu comme envoyer une candidature sans CV : votre projet ne sera tout simplement pas instruit. Ce document technique permet à la mairie de vérifier que votre construction respecte bien les règles locales d’aspect, de hauteur et d’intégration. Pourtant, c’est l’un des plans les plus mal compris et source de nombreux refus ou demandes de compléments. Dans cet article, vous allez découvrir exactement ce qu’il faut représenter, comment structurer vos plans et les erreurs à éviter pour que votre dossier passe du premier coup.
Rôle et contenu du plan des façades et toitures

Avant même d’ouvrir un logiciel de dessin, vous devez comprendre ce que l’administration cherche à contrôler avec ce plan. Sans cette vision claire, vous risquez de produire un document techniquement correct mais inutilisable pour l’instructeur. Les trois points suivants vous donnent les fondamentaux pour produire des plans exploitables dès le premier dépôt.
À quoi sert le plan des façades et toitures dans un dossier d’urbanisme
Le plan des façades et toitures permet à l’instructeur de visualiser l’aspect extérieur réel de votre projet une fois réalisé. Contrairement au plan de masse qui montre l’implantation vue du dessus, ce document présente ce que verront vos voisins et les passants. L’administration peut ainsi vérifier si votre construction respecte les règles d’urbanisme locales : hauteur maximale autorisée, aspect architectural, matériaux imposés ou interdits.
Ce plan complète aussi les coupes en offrant une vue directe des façades, sans la complexité du terrain. Pour un projet d’extension par exemple, l’instructeur pourra comparer l’harmonie entre l’existant et le nouveau volume. Sans ce document, votre dossier sera déclaré incomplet et mis en suspens.
Les mentions obligatoires à faire figurer systématiquement sur le document
Chaque plan doit comporter un cartouche avec votre identité complète, l’adresse du terrain et la référence cadastrale. L’échelle doit être indiquée clairement, généralement 1/50, 1/100 ou 1/200 selon la taille du bâtiment. Une flèche d’orientation permet de situer les façades dans l’espace (façade nord, sud, est, ouest).
Sur le dessin lui-même, vous devez faire apparaître toutes les ouvertures (portes, fenêtres, baies vitrées), les niveaux de plancher et les hauteurs principales. Les matériaux et couleurs doivent être précisés, soit directement sur le plan soit dans une légende associée. Enfin, les cotes de hauteur sont indispensables : hauteur au faîtage, hauteur à l’égout du toit, hauteur des niveaux par rapport au terrain naturel.
Comment les façades et toitures traduisent les règles du PLU et du règlement local
Le Plan Local d’Urbanisme impose souvent des règles très précises sur l’aspect extérieur des constructions. Par exemple, certaines communes limitent la hauteur au faîtage à 9 mètres ou imposent une pente de toiture entre 35 et 45 degrés. D’autres exigent des matériaux traditionnels dans les centres anciens : tuiles terre cuite, enduits de teinte claire, volets bois.
Votre plan des façades et toitures doit permettre à l’instructeur de vérifier en un coup d’œil ces contraintes. Si le règlement impose un retrait de 4 mètres par rapport à la limite séparative, le plan devra montrer que cette distance est respectée. De même, l’alignement sur rue, la continuité des hauteurs avec les bâtiments voisins ou la présence obligatoire d’un débord de toiture doivent être lisibles directement sur le document.
Élaborer un plan des façades et toitures conforme aux attentes

Une fois le rôle du document bien compris, place à la réalisation concrète. Que vous dessiniez vous-même ou passiez par un professionnel, certaines règles graphiques et conventions doivent être respectées pour garantir la lisibilité et la conformité de vos plans. Voici comment structurer techniquement vos documents.
Quelles échelles, formats et conventions graphiques choisir pour vos plans
L’échelle 1/100 constitue un bon compromis pour la plupart des maisons individuelles : elle permet de montrer les détails importants sans que le plan devienne illisible. Pour une petite extension ou un garage, le 1/50 offre plus de précision. À l’inverse, pour un grand bâtiment, le 1/200 peut suffire si les éléments principaux restent identifiables.
Le format A3 est le plus courant et généralement accepté par les services d’urbanisme. Si votre projet comporte plusieurs façades complexes, vous pouvez utiliser du A2, mais vérifiez d’abord les préférences de votre mairie. Côté graphisme, utilisez des traits fins pour les contours de menuiseries, des traits moyens pour les arêtes de bâtiment et des traits épais pour le niveau du sol. Une légende claire avec les codes de hachures pour chaque matériau (brique, enduit, bois, tuile) améliore considérablement la lisibilité.
Représenter clairement façades, ouvertures, matériaux et volumes de toiture
Chaque façade doit être dessinée en élévation pure, c’est-à-dire vue de face sans perspective. Vous devez représenter toutes les ouvertures avec leurs dimensions réelles, les garde-corps de balcon, les volets si présents, les descentes d’eau pluviale et les éléments techniques visibles comme les grilles de ventilation.
Pour les matériaux, plusieurs méthodes existent. La plus claire consiste à utiliser des trames différentes : hachures obliques pour l’enduit, pointillés pour la brique, lignes horizontales pour le bardage bois. Accompagnez ces trames d’une légende détaillant les couleurs et références précises. Pour la toiture, indiquez le type de couverture (tuiles canal, ardoises, zinc) et représentez les éléments de zinguerie : rives, faîtage, chatières.
Comment coter les hauteurs et pentes pour un contrôle urbanistique rapide
La cotation des hauteurs doit partir d’un point de référence stable et vérifiable. Généralement, on cote depuis le terrain naturel avant travaux ou depuis le niveau fini de la voirie publique. Faites apparaître au minimum trois cotes : la hauteur au niveau du premier plancher (souvent le rez-de-chaussée), la hauteur à l’égout du toit et la hauteur au faîtage.
Pour les toitures, la pente s’exprime soit en pourcentage (exemple : 45%) soit en degrés (exemple : 24°). Vérifiez dans votre PLU quel format est attendu. Si le règlement impose une fourchette précise, indiquez clairement que votre projet s’y conforme. Par exemple : « Pente de toiture : 40% (conforme aux exigences du PLU comprises entre 35% et 45%) ». Cette précision facilite le travail de l’instructeur et accélère l’instruction.
Répondre précisément aux exigences du permis de construire et de la déclaration préalable
Les attentes ne sont pas strictement identiques selon que vous déposez un permis de construire ou une simple déclaration préalable. De même, un projet neuf ne se traite pas comme une extension ou une rénovation. Adapter le niveau de détail et la présentation de vos plans selon votre situation concrète vous évite des compléments inutiles.
Quelle différence entre plan des façades et plan de toiture dans un dossier
Le plan des façades montre les murs extérieurs vus de côté, avec les ouvertures et les détails d’architecture. Le plan de toiture, lui, représente la couverture vue du dessus, comme si vous survoliez le bâtiment. On y voit la forme générale du toit, les pentes, les faîtages, les noues et les éléments en saillie comme les cheminées.
Certaines mairies acceptent que la toiture soit simplement visible sur les vues de façades, notamment pour les petits projets. D’autres demandent explicitement un plan de toiture séparé. Cette exigence est fréquente pour les constructions neuves ou les projets avec toitures complexes (plusieurs volumes, différents niveaux). En cas de doute, appelez le service urbanisme avant de finaliser vos plans.
Comment adapter le plan des façades et toitures pour une extension ou surélévation
Pour une extension, l’instructeur doit pouvoir distinguer facilement ce qui existe de ce qui est projeté. La méthode la plus courante consiste à présenter des plans « avant/après » : une première série de façades montre l’état actuel, une seconde montre le projet final. Vous pouvez aussi utiliser un code couleur ou des trames : existant en noir, démolition en jaune hachuré, nouveau en rouge.
En surélévation, portez une attention particulière aux raccords entre l’ancienne toiture et le nouveau niveau. Montrez clairement comment s’opère la jonction, si vous conservez une partie de la toiture existante ou si vous la remplacez entièrement. Les hauteurs doivent être cotées depuis le terrain naturel jusqu’au nouveau faîtage, en faisant apparaître chaque niveau intermédiaire pour faciliter la vérification des règles de hauteur maximale.
Plan des façades et toitures en rénovation : jusqu’où aller dans le détail
Si vous changez simplement des fenêtres sans modifier les dimensions des ouvertures, un plan simplifié montrant uniquement les façades concernées peut suffire. Indiquez les menuiseries existantes et projetées avec leurs dimensions et matériaux. En revanche, dès que vous modifiez la taille des ouvertures, ajoutez des lucarnes ou changez le type de couverture, un plan complet s’impose.
Pour une rénovation d’ampleur (ravalement avec modification d’aspect, création d’ouvertures multiples, changement de toiture), prévoyez des plans avant/après sur toutes les façades. Ce niveau de précision rassure l’administration sur votre capacité à respecter le caractère architectural du bâtiment et les règles du PLU. Dans les secteurs protégés ou à proximité de monuments historiques, ce détail est d’autant plus scruté par l’Architecte des Bâtiments de France.
Réussir son plan des façades et toitures en pratique ou avec un professionnel
Faire appel à un architecte ou se lancer seul dans la réalisation des plans, le choix dépend de la complexité de votre projet et de vos compétences. Cette dernière partie vous aide à évaluer vos besoins, choisir les bons outils et identifier le moment où l’intervention d’un professionnel devient indispensable.
Peut-on réaliser soi-même un plan des façades et toitures fiable et accepté
Pour un abri de jardin, un garage simple ou une petite extension rectangulaire, vous pouvez tout à fait produire vos plans vous-même. L’essentiel est de respecter les échelles, d’indiquer les cotes principales et de présenter un document propre et lisible. Un plan dessiné à la main sur papier millimétré, scanné en bonne qualité, peut être accepté s’il contient toutes les informations nécessaires.
Avant de déposer votre dossier, prenez rendez-vous au service urbanisme pour faire vérifier vos plans de manière informelle. Beaucoup de mairies proposent ce service de conseil gratuit. L’agent instructeur pourra vous indiquer si le niveau de détail est suffisant ou si certains éléments manquent. Cette démarche préventive vous évite un dépôt incomplet et les délais supplémentaires associés.
Outils et logiciels utiles pour dessiner façades et toitures sans complexité inutile
Des solutions grand public comme SketchUp (version gratuite), Sweet Home 3D ou HomeByMe permettent de modéliser votre projet en 3D puis d’extraire des vues de façades. Ces outils gèrent automatiquement les échelles et facilitent les modifications. Pour des plans en 2D plus traditionnels, LibreCAD (gratuit) ou DraftSight offrent les fonctions de base d’un logiciel de CAO professionnel.
Si vous préférez une solution 100% en ligne, Kozikaza ou ArchiFacile proposent des interfaces simplifiées adaptées aux particuliers. L’important est de pouvoir exporter vos plans en PDF de qualité, avec une résolution suffisante pour que les cotes et légendes restent lisibles à l’impression. Vérifiez que l’échelle affichée sur le plan correspond bien à l’échelle réelle une fois imprimé en A3 ou A4.
Quand faire appel à un architecte ou dessinateur spécialisé en urbanisme
Au-delà de 150 m² de surface de plancher, le recours à un architecte est légalement obligatoire. Mais même en dessous de ce seuil, plusieurs situations justifient l’intervention d’un professionnel. Si votre terrain se situe en zone classée, à proximité d’un monument historique ou dans un secteur sauvegardé, l’architecte connaît les exigences spécifiques et les attentes de l’ABF.
Un projet architecturalement complexe (volumes imbriqués, toitures à plusieurs pentes, matériaux variés) mérite aussi l’œil d’un spécialiste. Le dessinateur en bâtiment ou le maître d’œuvre habitué aux dossiers d’urbanisme produit des plans conformes aux normes locales et anticipe les points de contrôle. Cet investissement, généralement entre 500 et 1500 euros selon la complexité, limite drastiquement les risques de refus ou de demandes de compléments qui retardent votre projet de plusieurs mois.
Le plan des façades et toitures n’est pas qu’une simple formalité administrative : c’est le document qui permet à l’administration de vérifier que votre projet respecte bien les règles d’urbanisme et s’intègre harmonieusement dans son environnement. En soignant sa réalisation, en y faisant figurer toutes les informations attendues et en adaptant le niveau de détail à votre type de projet, vous maximisez vos chances d’obtenir rapidement votre autorisation. Pour les projets simples, une réalisation en autonomie reste possible avec les bons outils. Pour les dossiers plus complexes ou sensibles, l’accompagnement d’un professionnel reste le meilleur investissement pour sécuriser votre démarche.



